« Orientalisme, quand tu nous tiens ! »
Cette exposition se penche tout d’abord sur le phénomène par lequel l’orientalisme réussit, dès la fin du dix-neuvième siècle, à pénétrer le quotidien des classes moyennes à travers la consommation de masse et la culture populaire : conditionnement de produits, affiches de tourisme, bibelots et objets divers, livres illustrés, cartes postales et bandes dessinées…
Cette popularisation de l’orientalisme sera traitée par le biais de quatre thèmes récurrents : la recherche de l’exotisme, le regard ethnographique, le charme de l’érotisme, et la prétention historique.
Le second volet de l’exposition se penchera sur un autre aspect de la montée en puissance de l’orientalisme, celui de l’apparition d’une version ottomane puis turque de cette idéologie. Conséquence de la ferveur avec laquelle l’Empire ottoman et la République de Turquie embrassèrent l’occidentalisation, l’orientalisme ottoman/turc est un phénomène fort intéressant par lequel l’élite s’appropria un discours d’altérisation de populations et de communautés jugées « orientales » : Arabes, Kurdes, bédouins, opposants de la modernité…
C’est ainsi que le modernisme turc, obsédé par un désir d’occidentalisation, reprendra à son compte la plupart des clichés orientalistes créés par l’Occident pour les projeter sur divers « autres », mais cèdera tout aussi souvent à la tentation de s’auto-orientaliser pour satisfaire les besoins d’un marché touristique de plus en plus alléchant.




