Ümit Boyner, entrepreneure de choc

03 mars2010

En janvier 2008, le député Jean-Marc Ferrand, chargé de se prononcer au nom de l’Assemblée nationale, sur un accord de coopération franco-turc en matière d’investissements, remarquait qu’en 2006, "avec une part de marché proche de 5 %, la France est le cinquième fournisseur de la Turquie. Ce pays représente le douzième client de la France". La même année, les ventes françaises sur le marché turc se chiffraient à 5,2 milliards d’euros, en hausse de 12 % par rapport à 2005. Et le député poursuivait : "Dans le cadre du programme Cap Export destiné à soutenir le commerce extérieur français, la Turquie fait partie de la liste des pays cibles pour lesquels le Gouvernement met en œuvre des actions spécifiques afin de renforcer la présence des entreprises françaises".

De fait, les investissements français en Turquie ont fortement progressé en l’espace de quinze ans. Le nombre d’entreprises françaises implantées est ainsi passé de 15 en 1985 à près de 250, employant 45 000 personnes. Et les investissements directs (IDE) représentent plus de trois milliards en stock, faisant de la France le quatrième investisseur étranger en Turquie, tandis que les importations françaises en provenance de ce pays ont progressé de 19% en 2006 pour atteindre 4,2 milliards d’euros (toujours en 2006).

Alors, en prévision d’importants séminaires consacrés aux relations d’affaires entre la France et la Turquie qui se tiendront dans le courant du mois à Paris, ainsi que d’une rencontre autour des femmes entrepreneures turques au Sénat le 6 mars, Turquie Express brosse le portrait d’Ümit Boyner, l’actuelle présidente de la Tusiad, l’Association des Industriels et des Entrepreneurs de Turquie. Autrement dit, un poids-lourd des relations économiques franco-turques (nous voulons bien-sûr parler de la Tusiad...).

"En Turquie, les femmes sont nombreuses à exercer des professions qui requièrent un degré de qualification élevé. Par exemple, la forte proportion de femmes ingénieurs ou banquières a toujours frappé les entrepreneurs européens en visite en Turquie. 36% des universitaires, 33% des architectes, 29% des juristes, 32% des économistes, 21% des cadres moyens et supérieurs dans l’administration publique sont des femmes" soulignait en 2006 Ümit Boyner, alors membre du Conseil d’Administration de Boyner Holding et de la TUSIAD.
Depuis, Ümit Boyner a été élue présidente de cette dernière structure, le 21 janvier dernier plus exactement.

Née en 1963, Ümit Boyner a obtenu une licence d’économie à l’Université de Rochester (New York) avant de poursuivre son cursus au sein de la Graduate School of Business de l’Université de Columbia. On la retrouve au début de sa carrière professionnelle en 1985 à la Chemical Mitsui Bank. Après avoir occupé des fonctions dirigeantes dans les départements finance de plusieurs entreprises, elle accède en 1996 à la vice-présidence du groupe Boyner Holding. Parallèlement à ses activités professionnelles, Ümit Boyner est impliquée dans des œuvres de charité et des ONG telles que TEGV (Education Volunteers Foundation), TINA (Fondation Turque pourl’Archéologie Nautique) et TOHUM (Fondation Turque pour l’Autisme).
Elle a par ailleurs fondé le Women’s Fund–KAGIDER (Women Entrepreneurs of Turkey) qu’elle a vice-présidé pendant quatre ans. Depuis 2008 elle est aussi membre du comité de consultation du Carnegie Endowment for International Peace. Autant dire qu’Ümit Boyner ne se repose pas beaucoup...


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