L’œuvre multiforme de Sarkis (né en 1938 à Istanbul) constitue un vaste espace de circulations et de déplacements poétiques. Son entreprise plonge ses racines dans la tradition du romantisme allemand, avec l’idée de l’œuvre d’art total. Le son, l’écriture, la lumière, la sculpture, l’élément industriel, la photographie nourrissent ses œuvres en perpétuelle évolution.
Enseignant à l’École des arts décoratifs de Strasbourg dans les années 1980, il habite alors une chambre-atelier, rue de la Krutenau. Dans l’installation qui porte son nom, l’atelier y devient un microcosme, un modèle réduit du monde, ramené à l’échelle d’objet. L’atelier devient une instance magique où se côtoient des « densités contradictoires », comme des bandes magnétiques accumulées, un buffet calciné ou un tigre en bronze. Ou comme les maquettes, au nombre de six, correspondant à six réductions d’échelles différentes de la chambre et disposées sur l’une des six faces du volume de façon à ce que l’objet, à la fois satellite et corps géométrique, fasse une révolution complète sur lui-même. L’installation est par ailleurs ponctuée de mots et d’irradiations colorées, souvent liés (« Kriegsschatz » et « Ici la nuit est immense »), qui renforcent la théâtralisation de l’œuvre de Sarkis.
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