
Pour Nuri Bilge Ceylan, il ne suffit pas de voir net pour bien voir. Chacun de ses films est une leçon de cinéma autant qu’une leçon de vie. Scénariste, acteur, dialoguiste, monteur et producteur, chef opérateur à ses heures, il participe à toutes les étapes de la création de ses films, tous marqués par une photographie et un cadrage incomparables.
Né à Istanbul, il a suivi des études de cinéma à l’université Mimar Sinan.
En 1995, il réalise "Koza", un premier court métrage en noir et blanc sans dialogues, où il filme ses parents aux prises avec les éléments naturels, qui est sélectionné en compétition au Festival de Cannes la même année.
Fidèle à sa famille, biologique ou artistique, le réalisateur tourne ses trois premiers films dans le village où il a grandi, fait toujours appel à la même équipe resserrée et recrute ses acteurs parmi son entourage proche, comme son épouse avec laquelle il joue dans "Les Climats" (2006). Nuri Bilge Ceylan cultive ainsi une forme très personnelle d’autofiction cinématographique qui le rapproche d’un Woody Allen ou d’un Nanni Moretti, tout en puisant son inspiration dans l’œuvre théâtrale de Tchekhov et d’Ibsen.
Son quatrième long métrage, "Uzak", consacre la réputation mondiale du cinéaste qui décroche le Grand Prix et le double Prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes en 2003.
Habitué de la Croisette, il obtient en 2008 le Prix de la mise en scène en 2008 avec "Les Trois singes", une fable sombre sur le mensonge.
Cette année, il est revenu au Festival comme membre du jury aux côtés d’Isabelle Huppert.


