
Fondateur et premier président de la République de Turquie, Mustapha Kemal, surnommé « Le Loup Gris » pour ses hauts faits militaires, est né à Salonique en 1881 dans une famille de petits fonctionnaires turcs. Sorti officier d’infanterie de l’Ecole de guerre et de l’Académie militaire d’Istanbul, il débute sa carrière militaire contre l’Italie en Libye en 1911 et le rôle majeur qu’il joue lors de la bataille des Dardanelles en 1915-1916 lui donne un grand prestige populaire. On le retrouve ensuite contre les Russes dans le Caucase et contre les Anglais en Palestine en 1917.
Eloigné d’Istanbul par le Sultan en 1919, il dirige en Anatolie la résistance politique et militaire au démembrement de la Turquie prévu par le traité de Sèvres, à l’occupation française de la Cilicie (actuelle province d’Adana), à l’offensive grecque en Anatolie. Après ses victoires face aux Grecs, Kemal, qui a reçu de la Grande Assemblée Nationale d’Ankara le titre de Ghazi (« vainqueur des infidèles »), fait voter l’abolition du sultanat le 1er novembre 1922 et est élu président de la République turque à sa proclamation le 29 octobre 1923. Il dispose alors de très larges pouvoirs pour fonder l’Etat républicain.
En 1934, l’Assemblée lui attribue le patronyme d’Atatürk (« Turc-père »). Il est réélu président sans interruption jusqu’à sa mort à Istanbul en 1938. La figure et les principes de l’initiateur de la révolution kémaliste restent, aujourd’hui encore, des références politiques et identitaires fortes en Turquie.


