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Les ombres disparues, un livre d’Hasan Ali Toptas
Un jour un livre… Cette semaine Turquie-express vous propose un peu de lecture à faire voyager. Couronné à sa sortie en Turquie par le prestigieux prix Yunus Nadj, Les ombres disparues mêle le fantastique à la fable jusqu’aux frontières de l’absurde. Prisme par lequel parler des hommes en général et de la Turquie en particulier…

- Les ombres disparues
- Hasan Ali Toptas
Editeur : Plon
Parution : août 2009
ISBN : 2259207022
Un petit village turc. L’échoppe d’un barbier. Un homme entre se faire coiffer, il évoque son roman inachevé, ses yeux se perdent dans le lointain. Sa voix renaît ailleurs, loin, dans l’échoppe d’un autre barbier, Cingil Nuri. Mais Nuri a disparu. Dans ce village d’Anatolie sans époque ni saison, les disparitions et les secrets rythment les jours. Et lorsque Nuri réapparaît, sorti de nulle part, c’est Colombe, la plus belle fille du village, qui s’envole à son tour. Les rues bruissent d’angoisse, le maire et son garde lancent des recherches et sèment la terreur. Il leur faut un coupable. C’est un jeune garçon, un pauvre hère, doux rêveur de clair de lune, qui leur sert de bouc émissaire. En vain. Le maire désespère, les hommes déraisonnent, leurs disparus ont emporté jusqu’à leurs ombres…
Né en 1958 à Balkan, dans le sud-ouest de l’Anatolie, Hasan Ali Toptas peint admirablement l’ambiance de ce bourg désolé dont les habitants, qui se connaissent tous, ont la hantise du secret.
Dépourvu d’indulgence pour « ces villageois, qui ne connaissent guère d’autre chemin pour s’éclipser que celui de leur tombe », il laisse percer dans son roman une tonalité satirique.
Toptas distille le fantastique à doses homéopathiques et les éléments surnaturels, à la manière de Yourcenar dans ses Nouvelles Orientales, s’immiscent insensiblement dans le récit. Ainsi, le miroir du barbier, dans le reflet duquel se brouillent les repères de la mémoire, devient pour la clientèle un point de passage entre le monde réel et un monde onirique. Pourquoi ces étranges disparitions ? A trop douter d’eux-mêmes, les villageois deviennent des ombres. Comme on dirait aussi : l’ombre d’un doute.

- Hasan Ali Toptas



