La tour Eiffel aux couleurs de la Turquie

07 octobre2009

Du 6 au 11 octobre, la tour Eiffel revêt tous les soirs, les couleurs de la Turquie.

Retour en image (portfolio en fin de post) sur le lancement de l’opération en présence des personnalités turques, notamment Orhan Pamuk qui recevait le jour même la médaille de vermeil, décoration remise par Bertrand Delanoë.

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La Tour Eiffel s’habille aux couleurs de la Turquie jusqu’au 11 octobre 2009
Paris, FRANCE-le 06/10/09

Mais auparavant, ci-dessous le discours que Stanislas Pierret, commissaire français de la Saison, a prononcé à cette occasion :

"Monsieur l’Ambassadeur,
Monsieur le Maire,
Mesdames, Messieurs,
chers amis,

C’est un plaisir pour Görgün Taner et moi-même de vous accueillir au café de l’Homme pour célébrer deux événements majeurs :
La participation d’Orhan Pamuk , prix Nobel de littérature 2006, à la Saison de la Turquie en France et l’illumination de la tour Eiffel aux couleurs rouge et blanche de la Turquie !
D’autres événements exceptionnels viendront jalonner la semaine et l’ouverture de la grande exposition « de Byzance à Istanbul » par les deux présidents de la République ce vendredi 9 octobre sera sans aucun doute le point culminant de cette Saison qui a débuté en juillet dernier et qui s’achèvera en mars prochain et comprend quelques 400 manifestations, non seulement à Paris mais dans toute la France.

Je voudrais tout d’abord, cher Orhan Pamuk, vous remercier chaleureusement d’avoir bien voulu apporter votre pierre à la construction de cette Saison et de ce beau pont entre la Turquie et la France. Vous avez participé hier à une formidable lecture au théâtre de l’Odéon, avec la complicité de la grande actrice Fanny Ardant, vous venez de recevoir des mains du maire de Paris, la médaille de Vermeille, la plus haute distinction de la Ville de Paris, et vous donnez demain une conférence à la Villa Gillet à Lyon .

Tous ici connaissent votre œuvre oscillant sans cesse entre Orient et Occident comme votre roman Mon nom est rouge dont toute la problématique est tendue sur ce fil. « Chacun de mes livres, écrivez vous, est né d’idées volées sans honte aux expérimentations du roman occidental, et mélangées avec les contes de la tradition islamique ». Votre capacité à insuffler la vie à vos personnages et la densité de vos romans font de vous un grand auteur classique dans la lignée des plus grand romanciers français ou russes.

La parution ces jours-ci de votre essai intitulé D’autres couleurs est une nouvelle et formidable occasion de plonger dans votre univers intellectuel et culturel mais aussi intime. Dans ces 76 essais, discours ou récits, vous vous livrez à une brillante analyse de la politique turque au sens large et de la place de la Turquie par rapport à l’Europe. Vous vous y remémorez le tremblement de terre d’Izmit en 1999, votre peur et les catastrophes liées aux passages des pétroliers dans le Bosphore. Vous vous souvenez aussi de votre enfance à Istanbul, l’obtention de votre premier passeport ou encore la mort de votre père. Dans la partie consacrée à la littérature, vous évoquez vos lectures et l’importance de certains auteurs dans votre parcours avant de revenir sur l’écriture de vos propres livres. Enfin, le récit intitulé « Regarder par la fenêtre » complète le recueil par une très belle évocation de la famille et de la figure du père qui se trouve également au centre de votre discours de réception de prix Nobel. C’est donc un ensemble de textes qui dessine un portrait extraordinaire du grand écrivain que vous êtes.

Mais je voudrais saluer en vous non seulement le grand écrivain mais également l’homme engagé dans son siècle. L’un des objectifs de la Saison, dans le domaine de la littérature et du débat d’idées, est de soutenir les écrivains et intellectuels qui prennent des positions courageuses et qui s’efforcent de faire évoluer les idées dans la société en Turquie. Je souhaite rendre hommage, cher Orhan Pamuk, non seulement à l’écrivain mais aussi à l’intellectuel courageux qui n’hésite pas à s‘exprimer sur des sujets sensibles, usant de sa liberté de parole.
Et quelle joie que d’organiser cette rencontre avec vous au soir de la première illumination de la tour Eiffel aux couleurs rouge et blanche de la Turquie !

C’est cette Turquie généreuse, ouverte sur les autres cultures et sur le monde mais aussi consciente de ses complexités, que nous souhaitons célébrer ce soir avec vous, cher Orhan. C’est cette Turquie qui bouge et que nous aimons passionnément . C’est cette Turquie que nous essayons Görgün et moi-même avec nos formidables équipes de mieux faire connaître à travers la saison, c’est cette Turquie à vos couleurs, cher Orhan, vous qui avez pensé jeune à devenir peintre, le rouge de Mon nom est rouge et le blanc de votre superbe Château blanc !"


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