Yildiz Rûşen redonne au Karagöz sa dimension populaire, satirique et critique. Il a fait d’une tradition en voie de disparition un théâtre actuel et complet grâce à ses talents de « touche à tout » : auteur, artisan, peintre, décorateur, technicien, manipulateur, metteur en scène, chanteur, et acteur aux multiples voix.
La légende de Karagöz
(Tout public + 5 ans)
Cette pièce de théâtre d’ombres raconte la légende populaire du Karagöz. Pendant la construction de la mosquée de Bursa (première capitale Ottomane), il y avait deux ouvriers qui n’arrêtaient pas de faire rire les autres ouvriers. Le chantier avançait et reculait à la fois. Le Sultan Orhan (1326-1359) convoqua le maçon Hacivat (Hadjivat) et le forgeron Karagöz (Karagueuz) pour leur dire d’arrêter. Malgré les ordres et les mises en garde répétés du Sultan, les deux amis continuaient encore de plus belle. Voyant cela, le Sultan les fit décapiter, et les travaux finirent par avancer. Le jour de l’inauguration de la mosquée impériale, le Sultan regretta de les avoir tués. Et se mit à pleurer. Le Vizir Şeyh Küsteri voyant le Sultan dans cet état de tristesse, décida de réincarner Hacivat et Karagöz pour leur rendre vie, et le Sultan retrouva la joie de vivre.
Ainsi naquit le théâtre d’ombres traditionnel turc " Karagöz ", qui veut dire" Œil noir ".
Cette histoire est reprise fidèlement, mais dans une adaptation qui parle beaucoup plus à notre imaginaire collectif. En effet, le sultan s’est mis en tête, pour satisfaire les caprices de sa sultane, de produire de l’électricité dans son empire. De grands travaux sont lancés. Mais pour les réaliser, qui écoutera-t-on ? L’insouciance de la sultane, la sagesse du grand vizir, ou l’ambition du chef des armées ? Faut-il une centrale nucléaire ou une éolienne ? Si nos amis font le mauvais choix, c’est de leur vie qu’ils le paieront…
La rumeur de Karagöz
(Tout public + 11 ans)
Karagöz s’interroge « encore » sur ici et là-bas, la tradition et la modernité.
Cette fois, Karagöz mène lui-même le jeu, du moins le croit-il. En effet une rumeur se propage, rassasiant la communauté Yourtistanaise.
Portée par un vrai chœur de tragédie, cette rumeur « LE MÉTISSAGE EST UN CRIME CONTRE L’HUMANITÉ ! » risque de désintégrer la famille. Pour que Karagöz puisse retourner s’asseoir paisiblement au café sans que les oreilles lui sifflent, son fils devra se plier à la mascarade du mariage arrangé au Yourtistan.
Entre gens modernes et modérés, on se comprend : pour les parents de la mariée, c’est l’espoir d’un séjour à la carte, avec beaucoup de deniers envoyés au pays par leur fille exilée.
Mais c’est sans compter sur le drap rouge de la noce réclamé par le chœur. Le fils consommera-t-il le mariage ? La mariée passe-t-elle au contrôle technique ? Apprendra-t-elle le Papraslandais ? La maison de ses parents au pays s’agrandira-t-elle ? Karagöz retournera-t-il ou pas au café la tête haute ? Et le chœur tragique étanchera-t-il sa soif d’honneur ?
La migritude de Karagöz
(Tout public + 5 ans)
C’est l’histoire d’un immigré en retraite, qui raconte à ses petits enfants sa Migritude.
Un jour cet homme, parmi tant d’autres, décide de partir de son Yourtistan natal, en quête d’un avenir meilleur pour sa famille, vers le pays de tous les espoirs : le Paprasland.
L’Homme traverse toutes les étapes de la l’immigration économique dans une ambiance « baroque » : terre natale, départ, recrutement sélectif, foyer/usine, misère affective, séjour à la carte, rassemblement familial, Habitat Large Mensuration, monsieur à la tâche / madame au foyer, élévation sociale, mariage arrangé / forcé, métissage des enfants, retraite , et retour définitif au pays...
La pièce sur 3 écrans, avec 12 décors & 17 figurines,est truffée d’anachronismes, de mots inventés et de décalages qui transforment des sujets actuels en questions universelles, avec un humour mordant et un esprit politico-poétique.
migritude [migYityd] n. f.
• v. 1974 ; tr. göç « de migrer »
• littér. Ensemble des caractères, des manières de penser, de sentir propres à l’immigration ; prise de conscience de l’appartenance à cette histoire singulière. « Au passage je vous ferai remarquer que la clandestinité est mise à prix......par contre la migritude est totalement gratuite. » (Rûşen YILDIZ)
La fortune de Karagöz
(Tout public + 11 ans)
Une nouvelle aventure qui rend les héros encore plus inséparables que d’habitude.
Alors qu’il était occupé à rechercher la fortune, le duo formé par Hacivat le beau parleur et Karagöz qui écoute se voit bouleversé par un mauvais sort. Privé l’un de sa langue et l’autre de son oreille, c’est Karagöz qui est condamné à parler et Hacivat à écouter. Pour continuer à communiquer avec l’extérieur, pas d’autre solution que de rester collés comme des siamois.
Alors, tant pis pour la fortune ? Guérir, est-ce possible ou même souhaitable ? La solution est-elle dans les formules du grand Hodja ou dans le laboratoire du professeur Gadget ? Avec leur handicap, quelle place notre sourd et notre muet peuvent-ils trouver dans l’empire du sultan ?
La pièce en forme de fable, se déroule à l’époque de l’empire Ottoman mais avec des anachronismes. La fable, en français et à un moment en turc, est racontée à travers la voix du Monteur d’Ombres, et, par la langue des signes et surtout par le langage gestuel naturel de deux comédiens sourds. La pièce est accompagnée par un musicien qui rythme l’action et par la lumière qui participe à la respiration du spectacle.
Atelier découverte
En 3 heures, chaque participant crée une figurine sur du papier cartonné, soit en adaptant un personnage traditionnel du Karagöz, soit en partant de son imaginaire.
Par petits groupes, les participants se retrouvent derrière le castelet pour improviser une histoire avec leurs figurines, accompagnés de sonorités musicales.
...Et les participants repartent avec leurs figurines.
Atelier création
En 18 heures , un groupe de 6 à 8 participants crée, en entier, un spectacle de théâtre d’ombres accompagné de musique. Sur du papier cartonné et du carton, ils adaptent des décors et des personnages du Karagöz et/ou en créent d’autres d’après leur imaginaire. Soit ils adaptent un conte, soit ils imaginent leur propre histoire en improvisant avec les figurines créées. Et leur travail aboutit, sans les animateurs, à une représentation devant un public ...Et les participants repartent avec leurs figurines.



