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Dansem (2) : TalDans / Mustafa Kaplan et Filiz Sizanli
La compagnie TalDans, de Mustafa Kaplan et Filiz Sizanli, présente demain soir à Marseille son nouveau spectacle Dokuman, dans le cadre du festival Dansem. L’occasion de revenir sur le parcours de ces deux chorégraphes à la production parfois conceptuelle et toujours belle.
Lui est ingénieur de formation, dans l’électronique et les télécommunications. Elle est architecte. Lui vient de Konya (sud de la Turquie), elle d’Istanbul. Ils ont dix ans d’écart. Il se met à la danse à l’âge de 24 ans, il danse régulièrement avec Aydin Teker (dont nous avons déjà parlé ici) et se met à composer ses propres chorégraphies.
Après son diplôme d’architecture, elle aussi se demande quoi faire de son corps. Elle obtient une bourse pour aller étudier au Centre chorégraphique national de Montpellier, elle y travaille avec Mathilde Monnier, Emmanuelle Huynh et Mustafa Kaplan. Lui aussi la rencontre. Ils fondent ensemble la compagnie TalDans en 2003 à Istanbul. Depuis, ils font ensemble des choses étranges, qui ont à voir avec la mise à l’épreuve du corps seul, à deux ou avec des objets.
Seul : le duo (en fait une paire de solos) intitulé Solum en 2005. C’est étrange, intense, et parfois dérangeant. Elle joue l’unijambiste et expérimente de quelle souplesse son corps est capable sans ce demi-membre qui lui manque. Lui se strie le visage d’élastiques et, une fois perdue sa fonction de figure, se demande ce qu’il est possible de faire avec l’extrémité haute de son corps. Beaucoup de choses en fait. Mais c’est dur. Concrètement, ça donne ça :

A deux : Sek sek (2002). La pièce entend explorer toutes les possibilités que se donnent ensemble un corps masculin et un corps féminin. Plus que ce seul caractère expérimental en fait, on peut aussi lire une métaphore de la vie de couple au quotidien : comment je fais pour que le corps de l’autre ne me gêne pas dans mon mouvement de tous les jours ? comment je fais que que son corps soit un partenaire qui me permette de sublimer les possibilités du mien ?

Avec des objets : Dolap (2000). Cette pièce est très drôle : il s’agit en fait d’une variation à trois corps, ceux d’une femme, d’un homme et d’un frigidaire. Faite de courses pour éviter la chute du lourd objet, de contre-temps, de tensions et de basculements permanents, elle est sans doute la plus divertissante du répertoire de TalDans.

Et maintenant ? Maintenant c’est Dokuman , présenté demain soir à Marseille. Et là, je peux pas dire grand chose parce que j’ai pas vu la pièce. Je crois qu’il y est encore question d’objets, mais plus si grands cette fois-ci. Plutôt de parois, de dispositifs miniatures et comme électroniques. Mustafa et Filiz ne sont plus seuls : ils ont été rejoints par quelques jeunes danseurs, et ils essaient toujours de se débrouiller comme ils peuvent avec leurs corps et leurs objets. La vidéo ci-dessous (cliquer sur l’image) vous en dira peut-être un peu plus...
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