Editions ACTES SUD, mars 2010
collection Lettres Turques
Nouvelles traduites du Turc par Célin Vuraler.
Un recueil de textes brefs au ton alternativement ironique, désabusé et grimaçant, qui s’amusent à tracer des variations sur les étranges rapports qui unissent les hommes et diverses créatures du monde inférieur : beaucoup d’insectes mais aussi les rats, les crevettes et les grenouilles, quelques crabes... qui finissent dans la “Bouillabaisse“ (l’un des textes).
L’idée de confronter la cruauté des mondes humain et animal est particulièrement bien servi par le style vif et primesautier de Yigit Bener, humoriste dans l’âme comme le montrent ses chroniques de la revue Iktidarsiz (Istanbul).Truffé de références à divers éléments de la vie locale (du coup d’Etat de 1980 au tremblement de terre qui ravagea la ville en 1999, en passant par les conditions insalubres de certains logements), cet ensemble de seize nouvelles propose une radiographie de la société turque contemporaine, pratique le clin d’oeil littéraire (Kafka par exemple) et offre une fraîcheur de narration peu commune.
La lecture nous sauvera-t-elle de tous ces grouillements d’insectes, rappelés par une quinzaine d’illustrations qui rythment le texte ?
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Yigit Bener est né à Bruxelles en 1958 ; il grandit entre la France et l’Europe, s’exile en 1980, rentre dix ans plus tard en Turquie et travaille depuis comme interprète et traducteur. Il est l’auteur de trois romans (dont un récit pour la jeunesse) d’un recueil de nouvelles et d’une traduction très remarquée de Voyage au bout de la nuit de L.-F. Céline. Quelques textes sont parus en français, dont une nouvelle (“Le Retour”) dans le recueil Les Belles étrangères. Vingt ans d’ouverture aux littératures du monde (Actes Sud, 2008).




