Angoulême (2) : comment Murat Mihçioglu a décloisonné la BD turque

29 janvier2010
Bd

La caricature et la satire, c’est bien, mais pour Murat Mihçioglu, la BD est aussi capable d’être sérieuse. Ce qui ne veut pas dire qu’elle doive être ennuyeuse : en tant que fondateur du séminal magazine Rodeo Strip, il a depuis 2004 ouvert la voie à des auteurs de science-fiction et à ceux qui, influencés par les comics américains, mettent en scène des super-héros.

Rodeo Strip #1Diplômé des Beaux Arts à l’Université Mimar Sinan d’Istanbul, Murat Mihçioglu a d’abord travaillé comme critique de cinéma (ce qu’il est toujours), pour des magazines comme Esquire, Antrak ou Altyazı, mais en 2004 il a réalisé une ambition qui lui tenait à cœur depuis longtemps : lancer un magazine qui redonne vie à la BD turque d’aventures. En effet, alors que pendant les années 1960/1970, les journaux avaient tous un supplément BD conséquent et pas un simple encart pour un ou deux strips comiques, cette situation a disparu dans les deux décennies suivantes et les auteurs de BD turque n’avaient subséquemment plus d’espaces de publication autres que dans les périodiques satiriques comme Girgir et Leman.

Rodeo Strip #1Malgré sa courte durée de vie (moins de deux ans), Rodeo Strip a marqué la bande dessinée turque en lançant toute une génération d’artistes comme Mahmud Asrar, Yildiray Cinar ou Cem Ozuduru, qui, depuis, sont partis travailler pour les gros éditeurs de comics américains ou bien sont restés au pays pour œuvrer sur des romans graphiques plus ambitieux, pour lesquels il n’existait pas de marché avant Rodeo Strip.

Aujourd’hui, l’équipe de Rodeo Strip a fondé "Rodeo Studio" afin de continuer à produire des BD sous forme d’albums et d’aider les nouveaux talents à émerger. Murat Mihçioglu, qui en plus d’éditer Rodeo Strip était également scénariste à l’occasion, continue de superviser le studio, tout en menant de front sa carrière de critique de cinéma.


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