Angoulême (1) : Turhan Selçuk, "caricaturc"-Père

28 janvier2010
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A l’occasion de l’ouverture du festival international de la bande dessinée d’Angoulême, Turquie Express vous reparle un peu du 9e art, vu du Bosphore. Aujourd’hui, focus sur un grand nom de la caricature stylisée, Turhan Selçuk, co-fondateur de l’association des caricaturistes turcs.

Frère du journaliste İlhan Selçuk, Turhan est né en 1922 dans un village proche de la ville de Mugla (au sud ouest de la Turquie). İl a d’abord travaillé dans le magazine Akbaba et continué dans plusieurs autres publications : Aydede, Yön, Devrim Ornegi ainsi que les journaux Milliyet et Akşam. Il œuvre toujours dans le journal Cumhuriyet.

Son personnage le plus connu est Abdulcanbaz qu’il a créé en 1957 pour le journal Milliyet sur une commande du journaliste Abdi İpekçi, pour remplacer la bande dessinée étrangère que le quotidien publiait à cette époque. Selçuk a d’abord demandé de l’aide à l’écrivain et humoriste Aziz Nesin, qui imagine le personnage d’Abdulcanbaz comme un guide touristique roublard. Nesin laisse tomber sa créature quelque temps après et c’est Rıfat Ilgaz qui reprend le flambeau pour faire vivre Abdulcanbaz pendant quelques épisodes.

Puis c’est au tour Selçuk lui-même d’écrire les histoires de son personnage qui devient sous sa plume le symbole du désordre dans l’ordre et de la lutte contre des personnages immoraux. Abdulcanbaz est en effet honnête, courageux, patriote, intelligent, beau et musclé : bref, c’est un peu Superman avant l’heure. Et un tel modèle de vertu ne pouvait qu’être adapté au cinéma et au théâtre. Son effigie a même orné des timbres au début des années 1990. Turhan Selçuk a également créé d’autres personnages tels que Tarzan, Karanfil Hoca, Fettah...

Après 1950, le style de Selçuk est devenu plus simple et son trait beaucoup plus graphique. Parmi ses maîtres et inspirateurs, le dessinateur turc cite volontiers l’illustrateur de presse américain (d’origine roumaine) Saul Steinberg qui a signé beaucoup de couvertures du New Yorker.

En 2006, Turhan Selçuk s’est attiré quelques inimitiés par une de ses caricatures représentant les conservateurs sur le chemin de l’Union européenne (ci-dessous). Dessin qui a engendré un débat houleux et... un certain embarras dans une partie de l’opinion publique turque.

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